Le 9 janvier 2020, notre président annonçait l’arrivée à la tête de nos Métallos d’Emilio Ferrera, qui emmenait avec lui un certain Marc Grosjean, de retour dans son jardin.

Un an plus tard, le moment était idéal pour dresser avec notre coach un bilan transitoire.

Au niveau des statistiques, les chiffres sont évocateurs : 21 rencontres de championnat disputées en 2020, pour 12 victoires, 4 partages et 5 défaites. Avec la montée en D1B Pro League et une remarquable deuxième position au classement général avant d’entamer l’année 2021. Mais, au-delà de ces considérations chiffrées, c’est aussi (et surtout) la griffe qu’a su imposer notre coach qui est frappante.

Véritable esthète, adepte du beau jeu et soucieux des moindres détails, il a déjà marqué le club de son empreinte.

Rencontre avec un passionné…passionnant.

Emilio, peux-tu nous dresser le bilan de cette première année au club ?

Tout d’abord, je tiens à souligner que mon travail a été d’emblée facilité par la qualité du groupe qui était à ma disposition. J’ai découvert des joueurs très à l’écoute et une base de travail excellente pour avancer dans la bonne direction. Cela a indéniablement favorisé les bons résultats que nous avons pus obtenir rapidement. En dehors des terrains, j’ai essayé de développer les surfaces de travail également, qu’il s’agisse de l’aspect médical, avec les kinés et le doc, de notre staff et de tous les détails qui sont importants au quotidien pour progresser. Mais le travail est loin d’être fini et chaque jour qui passe, nous essayons de nous améliorer, tous ensemble.

Si l’on veut encore monter d’un échelon, on doit encore évoluer dans tous les domaines. Une montée, cela se prépare, à l’image de ce que fait l’Union Saint-Gilloise depuis trois ans maintenant. OHL et le Beerschot ont agi de la sorte et je ne suis pas surpris de leur bonne tenue actuelle en D1A. Nous devons calquer notre projet sur ceux-là.

Quelles sont tes principales satisfactions ?

Au niveau des résultats globaux, ils sont très satisfaisants, même si nous aurions pu éviter certaines défaites… Je pense que c’est aussi le prix à payer pour notre apprentissage. Avec le système de jeu mis en place, je sais que la voie est dangereuse pour les joueurs, mais j’ai tenu à m’inscrire dans la tradition de Seraing, qui a toujours prôné un beau football et la mise en avant de jeunes talents. Je me rappelle du Seraing des années 80 et de l’époque des Brésiliens : on venait au Pairay pour voir du beau foot et nous essayons à notre tour de produire du jeu à chaque sortie.

Tu coaches depuis près de 30 ans déjà : le Ferrera actuel a-t-il fortement évolué ?

Disons que l’expérience m’a rendu différent. Pas forcément meilleur, mais différent. Il est clair qu’il y a des choses que j’ai faites durant ma carrière que je ne reproduirais plus maintenant. Quant à définir et expliquer mon approche du foot, je pense qu’il faudrait des heures pour aborder tous les aspects qui me tiennent à coeur (rires)…

Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

En 1994, lors de mon premier match en tant que T1 avec le Club América au Mexique. Il y avait 60.000 personnes dans le stade et c’était impressionnant. Cela reste un souvenir incroyable. Mais, sans forfanterie, je pense que ce que je vis actuellement à Seraing est ce dont je suis le plus fier. C’est une expérience très enrichissante, sportivement et humainement. J’ai aussi fortement apprécié mon passage au Sporting d’Anderlecht, aux côtés de talents comme Saelemakers, Bornauw, Sambi Lokonga ou Amuzu.

Quel regard portes-tu sur la situation sanitaire actuelle et ses implications ?

Elle nous oblige à réinterpréter notre métier, et c’est valable dans tous les secteurs, je pense. Il y aura un avant et un après Covid. Nous devons réfléchir à une autre manière d’aborder notre travail, que ce soit dans la gestion d’un club en général ou du groupe des joueurs. Chaque jour, quand j’arrive au club, j’ignore si je ne vais pas déplorer l’absence de l’un ou l’autre, qui serait touché par le virus. A ce sujet, je salue le comportement responsable des joueurs, car nous avons eu très peu de cas jusqu’à présent au sein du noyau. Ce virus a obligé aussi tous les joueurs à être prêts tout le temps, et pas uniquement les titulaires habituels.

Je regrette aussi énormément cette absence du public dans les stades, car cela nous empêche d’évaluer l’impact de nos bonnes prestations sur les supporters. Seraient-ils revenus au Pairay en plus grand nombre ? Nous mettons tout en oeuvre pour leur proposer un football attractif en tout cas. Il est important de créer une symbiose avec les fans pour envisager une montée. Tout cela est triste pour le football en général…

Quelles sont les prestations qui t’ont fait le plus plaisir cette saison ?

Toutes celles où nous avons inscrit beaucoup de buts et lors desquelles nous avons obtenu de nombreuses occasions ! Notre premier match à Lommel était fantastique, comme notre remontada face à Deinze ou au RWDM, avec des victoires sur le fil. C’était moins spectaculaire face à l’Union Saint-Gilloise, mais j’ai également apprécié notre solidité lors de cette rencontre. Au fil des rencontres, nous avons fait preuve de davantage de réalisme défensif…mais nous avons aussi marqué nettement moins, même si notre jeu restait ambitieux.

Cela prouve que nous ne pouvons nous reposer que sur la seule percussion de Georges Mikautadze. On constate que quand Georges est moins en réussite, c’est toute notre efficacité qui s’en ressent. Il ne doit pas porter seul tout notre poids offensif.

Quel jugement portes-sur le niveau de la série ?

J’aime bien cette D1B. Je trouve que l’on y croise de belles équipes et que le niveau est très intéressant. La différence avec la D1 Amateurs est très importante. Des formations comme Lommel, Westerlo, Deinze ou l’Union, c’est du solide !

As-tu revu les objectifs du début de saison, étant donné les résultats positifs ?

Au départ, l’objectif était de se maintenir et nous n’en sommes plus très loin, normalement. Je pense que cinq équipes lutteront pour la deuxième place finale et nous en faisons partie. Nous restons toujours un peu dans le flou quant à l’organisation de la saison prochaine et il n’est pas évident de se projeter. 

Estimes-tu que le noyau doit être remodelé durant ce mercato d’hiver ?

Non. Il est suffisamment dense et performant à mes yeux. Le retour d’Ali Sanogo constituera un apport évident, mais je sais qu’il faudra faire preuve de patience, car il revient d’une très grosse blessure. J’espère en tout cas le récupérer en pleine possession de ses moyens, car il peut nous apporter énormément.

 

 

Comment faut-il appréhender la rencontre de Coupe face au Standard ?

Ce sera un match spécial, mais qu’il s’agisse du Standard ou d’une autre équipe, l’objectif est de réaliser un beau parcours en Coupe de Belgique afin de permettre de donner du temps de jeu à tous ceux qui le méritent, et ils sont nombreux dans le noyau. Je prends notamment les exemples de Francesco D’Onofrio, valeureux à Deinze, ou d’Alessio Cascio, qui répond toujours présent.

Si tu avais une baguette magique, quel voeu exaucerais-tu en priorité ?

Sans hésitation : une montée en D1A avec Seraing.

Quels sont tes souhaits pour l’année 2021 ?

Je ne vais pas être original : je souhaite la meilleure santé possible à toute la famille des Métallos.

Un dernier mot pour ton staff : comment juges-tu votre collaboration ?

Avec Marc, je partais en terrain connu et je ne suis donc pas surpris par son apport. Mais j’ai fait de très belles rencontres et j’ai découvert des gens formidables.

Je ne connaissais pas Hicham et il effectue un travail fantastique au quotidien. Idem pour Dimitri, notre préparateur physique, qui s’est merveilleusement bien intégré et parvient à préparer les joueurs en tenant compte de mes souhaits et aspirations. J’ai aussi été agréablement surpris par le jeune Loris, qui nous a été recommandé par Philippe Dallemagne, et qui nous aide beaucoup à propos de la vidéo et de l’analyse.

Jean Nicolay, je l’ai découvert un peu plus tôt et je ne suis pas assez qualifié pour porter un jugement sur la préparation des gardiens de but, mais il possède de grandes qualités humaines.

Peter, notre team-manager, est une icône du club et je tiens à remercier Sandra, José et Ago, nos intendants, pour le travail qu’ils accomplissent. Au niveau médical également, le Docteur Jean Vervier a construit une belle équipe avec les kinés. 

Je ne peux que me réjouir de tout cet encadrement !