Nous traversons tous ensemble une période inédite, qui nous place dans des conditions particulières. Notre staff et nos joueurs ont également dû s’adapter aux mesures en vigueur et ils rongent leur frein à domicile, dans l’attente de jours meilleurs pour nous tous.

Nous avons interrogé notre coach Emilio Ferrera afin de connaître son sentiment.

Emilio, quel est ton ressenti par rapport à la situation actuelle ?

Nous vivons une situation qui sort de l’ordinaire. Nous n’avons jamais vécu cela auparavant et tout cela est forcément difficile. Chacun d’entre nous est concerné et privé d’au moins une partie de ses libertés. De nombreuses personnes décèdent et le danger est là, près de nous. Nous ne sommes pas préparés à vivre de tels événements.

Comment envisages-tu la suite de la saison ?

Tout ce qui est professionnel passe au second plan. Il est primordial d’abord de veiller à sa santé. Dans ce contexte, il est délicat d’envisager la fin de saison ou de faire des projections. Ce que je souhaite en tout cas, c’est que l’on ne mette pas en péril deux saisons. Si l’on doit condamner une saison, qu’on le fasse, mais que l’on ne programme pas des rencontres de ce championnat jusqu’au mois d’août, en empiétant dès lors sur la préparation de la saison 2020-2021. J’espère que l’on trouvera un bon équilibre et qu’une solution objective pour tous sera trouvée. Les propositions qui ont été soumises jusqu’à présent pour la D1 Amateurs ne le sont pas.

Qu’est-ce qui te manque le plus actuellement ?

D’être privé d’une partie de ma liberté. Mais j’ai bien conscience de ne pas avoir à me plaindre, alors que des gens sont gravement malades, que de trop nombreux décès ont été enregistrés et que d’autres travaillent dans des conditions particulièrement difficiles. Bien sûr que l’odeur du terrain me manque, mais c’est anecdotique.

Quel bilan tires-tu de tes premiers mois à Seraing ?

Je vais dire qu’ils ont été…mouvementés. Entre une remise en raison du brouillard, une rencontre stoppée suite à une panne d’électricité et maintenant l’arrêt de la compétition… Je m’en souviendrai, en tout cas ! 

Sur le plan sportif, tu es satisfait ?

Au niveau des statistiques, je peux l’être, puisque nous sommes passés de la 6ème place à mon arrivée à la 3ème actuellement, avec une possibilité de grimper jusqu’à la 2ème en cas de victoire lors de notre match de retard. C’est une belle progression. Nous avons retrouvé une certaine stabilité défensive, avec trois clean-sheets à faire valoir et notre average est tout à fait intéressant. Quant à la qualité de nos prestations, j’ai vu de très bonnes choses, comme face à Dender en première mi-temps (mais sans l’efficacité cette fois-là) ou contre Dessel, mais aussi de moins bonnes, comme lors de notre première période face à Liège. Ce qui n’est pas à négliger non plus, c’est que nous avons su nous imposer en faisant preuve de caractéristiques propres à la série, comme au Lierse (en tenant le coup en seconde mi-temps) ou à Thes. Nous avons prouvé lors de ces rencontres que nous pouvions avoir du caractère.

Comment occupes-tu tes journées ?

J’ai de quoi faire, entre la gestion de mon académie à Alost et la préparation de la fin de la saison…et de la prochaine. Même s’il n’est pas évident de se projeter, nous devons anticiper les événements et nous travaillons sur l’élaboration de la prochaine saison avec la direction du club.

As-tu un message à adresser aux joueurs et aux supporters ?

Simplement de veiller à eux et de respecter les règles. De ne pas commettre les bêtises de ceux qui n’ont pas encore compris qu’il était de leur devoir de suivre les injonctions. J’ai envie de leur adresser un message de soutien et de solidarité.